PTS-Jeune, qu’est ce qui coince?

Dans son message à la jeunesse le 10 février 2016, le Président de la république a annoncé le lancement d’un plan d’urgence spécial jeune doté d’une enveloppe de 102 milliards. Le cadre institutionnel du PTS–Jeunes s’intègre à l’organisation du travail gouvernemental. Ainsi, il comprend un Comité de Supervision (CS) présidé par le Premier Ministre, Chef de Gouvernement, et un Secrétariat Technique de Suivi (STS) sous la responsabilité du Ministre de la Jeunesse et de l’Education Civique. Les priorités du Plan d’Urgence ont été dégagées par le secrétariat technique de suivi (annexe 1).

Au mois d’Août 2016, les coordonnateurs nationaux des différents projets du PTS-Jeunes ont été installés. Le MINJEC a annoncé un certain nombre de conventions signées avec des Ministères et des partenaires privés. Le PTS-jeune a été officiellement lancé le 11 janvier 2017 au palais polyvalent des sports en présence du premier ministre, chef du gouvernement. Ce même jour, 38 jeunes camerounais ont bénéficiés de l’appui du gouvernement dans le cadre du PTS-jeunes suite à la présentation de leurs projets. Dans son discours de circonstance, le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique a indiqué les résultats à atteindre cette année dans le cadre du PTS jeune (annexe 2).  Le 11 février 2017, le Président de la République a annoncé que l’Observatoire National de la Jeunesse sera bientôt doté d’une plate-forme de rencontre et d’échanges, pour aider et accompagner les jeunes en quête de formation entrepreneuriale, de qualification professionnelle, d’emploi, ou d’auto-emploi.

A ce jour, plus de 160 000 jeunes sont inscrits sur la plateforme de l’observatoire nationale ; Le Fond National d’Insertion des Jeunes (FONIJ), est opérationnel. 1338 jeunes ou groupes de jeunes dont 1097 projets de micro-activités ont obtenu des financements. En ce qui concerne les autres projets du PTS-Jeunes, les niveaux d’exécution restent assez faibles. Qu’est ce qui coince ?

 

  • L´accès de la jeunesse camerounaise à l´information sur les opportunités , programmes, projets et appuis les concernant dans les secteurs publics et privés. Les jeunes ne savent pas souvent ce qu´on leur propose. Surtout ceux des zones rurales.
  • L´accès de la jeunesse à la propriété foncière est extrêmement difficile et ne leur permet pas de créer des entreprises agricoles et d´élevage.
  • L´accès de la jeunesse aux crédits financiers pour la création d´entreprises est difficile et les taux et délais de remboursement non avantageux.
  • Les jeunes des zones rurales sont difficilement intégrés dans les projets et programmes privés lancés par le gouvernement : Les problèmes principaux étant l´analphabétisme ,le peu faible accès à l´information et la formation pratique dans la gérance d´entreprise.
  • L´éducation civique et morale de la jeunesse du système non formel camerounais est inexistant et laisse champ à des comportements asociaux et non patriotiques. La dépravation des mœurs au sein de la jeunesse est avancée et sa protection vis-à-vis des abus des adultes est quasi inexistante ou non efficace.
  • Le manque de suivi dans la réalisation des projets et programmes mis en place avec beaucoup d´optimisme par les acteurs publics. On ne s´assure pas si les résultats escomptés ont été atteints ou pas et si non, comment contourner les difficultés.
  • La corruption diminue sensiblement les sommes financières remises aux jeunes pour entamer leurs projets et cause leur échec ou la recherche des capitaux illégaux qui les dirige tôt ou tard vers la prison.
  • Les jeunes entrepreneurs doivent faire face au début de leurs activités à des contrôles de recettes de taxes abusifs et non règlementaires alors qu´ils en sont exempts pendant une période bien définie après le lancement de leurs activités.
  • Il n´existe pas un contrôle qui limite l´accès des jeunes au financement double, bloquant ainsi d´autres jeunes à recevoir des ressources importantes pour leur autonomie entrepreneuriale.
  • La jeunesse de la diaspora n´a pas accès à des propositions d´emploi, de projets, de stages, ni de financement d´entreprise au Cameroun. Elle ne peut donc pas participer à l´émergence du Cameroun, malgré sa volonté et ses moyens intellectuels et pratiques de le faire.

 

Annexes :

Annexe 1 :

AXES MAJEURS DU PTS- JEUNES

  1. La mise en place d’un Observatoire National de la Jeunesse devant servir d’intermédiation entre la demande des jeunes et l’offre des services en leur faveur, sur la base d’une cartographie de leurs aspirations réelles et l’inventaire des projets gouvernementaux et non gouvernementaux à eux dédiés ; l’observatoire national permettra ainsi de disposer d’une base de données nominale actualisée à mieux orienter les jeunes et à effectuer des analyses statistiques pertinentes sur leur situation socio-économique au plan national et local ;
  2. La spécialisation et le renforcement des capacités opérationnelles des programmes existants du MINJEC (Service Civique National de Participation au Développement (SCNPD), PAJER–U, Fonds National d’Insertion des Jeunes (FONIJ), Centre National d’Education Populaire et Civique (CNEPCI), Centre National de Production et de Diffusion de la Documentation de la Jeunesse (CNPDDJ)…) et de certains autres programmes gouvernementaux, en vue de la cohérence et de la synergie d’action dans la mise en œuvre de projets prioritaires spécifiquement dédiés à certaines catégories de jeunes dans des filières porteuses de croissance ;
  3. Le développement des infrastructures et équipements socio-éducatifs de mobilisation, d’encadrement et d’accompagnement de proximité des jeunes que sont, entre autres, les Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes, les centres du SCNPD, du CNEPCI et du CNPDDJ.

Annexe 2 :

  • La sensibilisation, la mobilisation et l’orientation de 500 000 jeunes vers les guichets appropriés correspondant à leurs besoins à travers l’Observatoire National de la Jeunesse ;
  • La formation technique et/ou entrepreneuriale de 200 000 jeunes en individuel ou en groupe, à travers le PAJER-U en collaboration avec les autres programmes gouvernementaux et non gouvernementaux ;
  • L’accompagnement d’environ 160 000 jeunes, en individuel ou en groupe pour leur insertion économique dans les 17 filières précédemment rappelées à travers les lignes de financement mobilisées par le projet FONIJ, toujours en collaboration avec les autres programmes gouvernementaux et non gouvernementaux ;
  • L’accompagnement spécifique des jeunes de la diaspora dans le processus d’insertion au Cameroun à travers le Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora (PARI-JEDI) ;
  • La mise en œuvre du Programme National de Volontariat, en partenariat avec le Système des Nations Unies au Cameroun, et qui ambitionne de mobiliser 15000 jeunes dans le volontariat de mission et 18 000 jeunes dans les chantiers de jeunesse ;
  • 500 organisations de préparation et d’accompagnement des jeunes à l’entrepreneuriat, seront appuyées et soutenues ;
  • 100 000 jeunes seront placés en emploi salarié à travers le Fonds National de l’Emploi et les autres organismes de placement en emploi ;
  • 30 Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes (CMPJ) toutes catégories et 10 Centres du Service Civique National de Participation au Développement seront construits ou rénovés et équipés.PTS Jeune