PLAN D’URGENCE TRIENNAL, QU’EST-CE QUI COINCE ?

Le 9 décembre 2014, le Président de la République, a annoncé le lancement d’un plan d’urgence triennal (2015-2017) pour accélérer la croissance économique de notre pays doté d’une enveloppe de 925 milliards de francs CFA. Ce Plan s’articule autour de 7 domaines principaux (voir Annexe).

Le 10 Décembre 2014,  le MINFI et le MINEPAT ont été habilités par le Président de la République, à signer les différentes conventions de financement y afférentes.

Le 19 décembre 2014 les contrats ont été signés dans les Services du Premier Ministre, en présence du Chef du Gouvernement, Philemon Yang. Le même jour, le comité de suivi de la mise œuvre de ce plan d’urgence présidé a été créé par décret présidentiel N°2014/575 du 19 décembre 2014. Le comité est composé de deux organes :

  • Le comité de supervision présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
  • Le secrétariat technique de suivi placé sous l’autorité d’un coordonnateur. Le Plan d’urgence vise :
  • Le relèvement à court terme du taux de croissance de l’économie au-dessus de 6 % à partir de 2014 à travers notamment (i) l’amélioration du taux d’exécution du BIP en 2014 (à un niveau supérieur à 90%), (ii) l’amélioration du pourcentage des projets matures inscrits dans le budget (100%) et (iii) l’accélération du processus de signature et de mise en vigueur des accords de prêts ou de dons ;
  • L’accroissement de l’offre d’emplois décents en faveur des jeunes.

Le Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales, et financières de la nation exercice 2016 révèle un ralentissement de la croissance à 5,3% en 2016 par rapport à 5,8% en 2015. Taux d’exécution du BIP est de 40,6% en 2016 loin des 90% visés par le Plan d’urgence.

Rendu au 14 février 2017, voici le point de l’exécution de quelques grands

Nature du Plan Etat d’avancement des travaux
Plan d’urgence urbain : –         Réhabilitation de la bretelle allant du carrefour éponyme à Cami Toyota, en passant par le marché de Mvog-Atangana Mballa réalisée à presque 94%. Des finitions restent encore à faire ;

–         Travaux d’aménagement des voies d’accès de l’école de guerre de Simbock et du carrefour Simbock réalisés à 67% :

–         Le projet de construction de 100 logements sociaux à Ebolowa et leurs équipements socio-culturels associés est exécuté à 43%.

 

Plan d’urgence santé :

 

–         Travaux de réhabilitation des infrastructures et du plateau technique de l’hôpital général de Yaoundé, taux d’avancement de 5%

–         Les travaux de construction du Centre hospitalier gynéco-obstétrique et pédiatrique d’Ebolowa, sont encore à l’étape des fondations avec un taux d’avancement de 5%.

 

Plan d’urgence agriculture et élevage :

 

–         Taux de réalisation des travaux de l’abattoir et l’entrepôt frigorifique de la Société de Développement et de la production animale (SODEPA) d’une capacité de 6000m3 à Etoudi est de 94%.

–         Le taux de réalisation physique de l’abattoir et l’entrepôt frigorifique d’Ebolowa est de 91%.

 

Plan d’urgence sécurité des grandes villes : –         Construction de l’hôtel de la Gendarmerie du quartier Nkolkondi. Le bâtiment administratif et les logements d’astreinte sont avancés en termes de réalisation ;

–         Construction de l’hôtel de police de Tsinga, travaux sont avancés.

 

 

Lors des récentes visites des chantiers d’exécution du Plan d’Urgence Triennal par le Premier Ministre les 09 et 14 février dernier à Ebolowa et Yaoundé respectivement, l’on a observé un retard généralisé de l’exécution des travaux des différents chantiers. Qu’est ce qui coince ?

Les principaux points de blocages sont les suivants:

-Le manque de coordination au niveau gouvernemental ;

-L’absence au niveau étatique d’une structure de validation des études de faisabilité des projets ;

-Une priorité à été donnée à la mobilisation et la disponibilité en urgence des ressources financières sans pour autant mettre en place une structure opérationnel à la hauteur des ambitions du Chef de L’Etat ;

– La plupart des projets n’étaient pas matures. Les études ont été exécutées suite à l’annonce du chef de l’Etat et certaines ont pris du temps du fait des orientations des maîtres d’ouvrages qui souhaitaient une mise en cohérence avec les projets en cours d’exécution ;

-Le MINMAP dans son rôle de contrôle est un frein à la bonne exécution des projets puisque ses procédures sont les mêmes que pour les projets du BIP ;

-Pour une meilleure maîtrise des coûts des projets ils est important de ne pas les évaluer forfaitairement mais quantitativement et au prix unitaire ce qui impose des études APD aux prestataires ;

-Pour les projets en cours d’exécution les déblocages des ressources traînent dû au retard dans la désignation des AMO, ainsi les travaux sont lancés mais il n’y a personne pour réceptionner les travaux et valider le déblocage des fonds ;

-C’est tout comme si la machine administrative qui a été prise de vitesse par le chef de l’Etat soulève des lièvres à tout bout de champs pour faire retarder les choses pour se repositionner et avoir le contrôle des opérations ;

-L’équipe gouvernementale n’a pas pris la pleine mesure de ces projets qui auront un impact social certains et rendent plus qualitative la croissance du Cameroun.
Beaucoup de pays font de la croissance mais la richesse produite est mal répartie et des projets comme le PLANUT viennent corriger les inégalités et sont à saluer.

Annexes :

Nature du Plan Travaux à exécuter
Plan d’urgence urbain : ·        Réhabilitation des routes secondaires et éclairage public des villes de Yaoundé et Douala ;

·        Construction de 100 logements sociaux dans 8 chefs-lieux de Régions (Bafoussam, Bamenda, Bertoua, Buea, Ebolowa, Garoua, Ngaoundéré, Maroua).

 

Plan d’urgence santé :

 

·        Construction et équipement des hôpitaux de référence dans les 8 chefs-lieux de Régions non encore pourvus (Bafoussam, Bamenda, Bertoua, Buea, Ebolowa, Garoua, Ngaoundéré, Maroua) ;

·        Réhabilitation et remise à niveau des plateaux techniques des hôpitaux généraux de Yaoundé et de Douala, ainsi que du CHU de Yaoundé.

 

Plan d’urgence agriculture et élevage :

 

·        Création des agropoles et de 120 000 ha de périmètre hydro-agricole ;

·        Construction des grands marchés de ravitaillement en denrées ;

·        Appui aux agro-industriels ;

·        Programme spécial de distribution de semences, engrais et d’équipements agricoles, pastoraux et halieutiques.

 

Plan d’urgence routier :

 

–         Les travaux de construction de la route Kumba-Mamfé avancent progressivement. Sur le Lot 1, Kumba- Bakwa Supe –Kumbe Bakundu-Nfaitock  long de 103,98 Km, le taux d’exécution des travaux est de 54% au début du mois de janvier 2017.

 

Plan d’urgence énergie :

 

·        Construction des lignes de transport d’électricité, notamment Edéa-Yaoundé et Edéa-Douala ;

·        Construction du barrage de Bini à Warak.

 

Plan d’urgence eau :

 

·        Adductions d’eau dans 30 villes secondaire et forage de 100 puits par région ;

·        construction et aménagement des ouvrages de retenue d’eau, de régulation, de captage et de canalisation vers des zones de dépression dans les 3 régions septentrionales.

 

Plan d’urgence sécurité des grandes villes : ·        Construction des postes de gendarmerie et de police à Yaoundé et à Douala ;

·        Construction des postes de sécurité aux frontières.